Délocalisation mode d'emploi
De plus en plus de services peuvent désormais être délocalisés. Saisie, mise en page, traitement des images, édition Internet, centres d´appel, développement et maintenance informatique, comptabilité et même traduction : des sociétés assurent ce type de services. Qu´il s´agisse du Maroc, de l´île Maurice, de Madagascar, de l´Inde, de la Chine ou encore des pays de l´Est, de nombreux pays proposent leur main d´oeuvre à des prix défiants toute concurrence. Pour le chef d´entreprise français, le pari peut être gagnant, à condition de connaître les règles du jeu.
Le premier argument : des économies substantielles
Selon les types de compétences et les pays prestataires, les économies sont en moyenne de 30 à 40%. Les salaires restent par exemple moins élevés à Madagascar qu´à l´île Maurice, en Chine qu´en Inde, mais les niveaux de qualification aussi. Si les revenus sont moins élevés que chez nous, ils se situent localement dans le haut de la fourchette. Et le statut d´un employé affecté à la saisie à Madagascar est nettement plus valorisant qu´en France.Autre argument : la disponibilité de la main d´oeuvre. La délocalisation répond en effet aussi à la pénurie de certains profils, notamment dans le domaine du développement informatique.
Patience et rigueur indispensables
ll faut cependant prendre conscience des contraintes et vérifier que l´on est prêt à les accepter. S´assurer des garanties qu´offre le prestataire délocalisé. Distance oblige, l´organisation de la communication doit tout d´abord être sérieusement rôdée. Inutile d´économiser sur les prestations si tout le bénéfice part en téléphone et en billets d´avion. Le recours à Internet est indispensable. Voix sur IP, messagerie instantanée, e-mails classiques ou encore FTP pour les échanges de fichiers sont les modes de communication à privilégier. Un accès Internet de bonne qualité est donc requis de chaque côté et il est bon de s´assurer que le prestataire dispose d´une bonne liaison, éventuellement à haut débit.Le caractère moins spontané de la communication par Internet allié aux différences culturelles constitue de plus un terrain favorable aux malentendus. Ce qui ne facilite pas la mise en place d´un projet. Sans oublier le décalage horaire. Comme l´explique Sophie Jacquet-François "le temps de rodage est plus long et surtout, il faut mettre en place des procédures claires et précises : planning, accusés de réception. Toutes les étapes doivent être verrouillées". Mais au final, la chef de projet reconnaît que "l´optimisation du processus avec l´équipe malgache a servi d´exemple et a été reproduite avec l´autre prestataire français".
Avoir un contact sur place
"Compte-tenu du temps et de l´énergie à consacrer, il faut, pour que le jeu en vaille la chandelle, que le projet soit suffisamment important ou que les services soient récurrents", admet de son côté Bertrand Dunod, directeur général de Chesteroc, prestataire de mise en page et de traitement d´images travaillant avec une équipe mauricienne.Bien sûr, une visite sur place peut s´avérer utile pour vérifier les conditions d´organisation et de travail sur place. Mais pour faciliter les relations, la présence d´une interface du prestataire en France s´impose, même si elle se réduit à deux ou trois personnes, elle permet un contact permanent en cas de problème, assure le suivi commercial et peut prendre en charge directement certaines étapes du service.
Ansi, si beaucoup de tâches peuvent être délocalisées, certaines restent bien sûr impossibles, pour des raisons de proximité et de culture. Mais le développement d´outils de communication et de collaboration à distance favorise ces délocalisations, parfois au détriment de prestataires hexagonaux. |